26/05/2008

Ornitho passion … ornitho émotion …

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 Vendredi 16 mai. Une journée d’école buissonnière avec la classe des « moyens » sur les terres calcaires de Nismes. Soleil au rendez-vous ! Début de journée au Fondry des Chiens par un point d’écoute : difficile d’isoler chaque chanteur au milieu de cette cacophonie ! Sur les pelouses sèches, le Serin cini et le Pipit des arbres sont les principales vedettes du jour. Dans la vallée, le Tarier pâtre nourrit sa progéniture et le Rossignol chante dans une haie. Amusante observation rapprochée d’un Pic noir qui se déplace sur un arbre couché. Les plus attentifs ont l’occasion de surprendre un Gobemouche gris… Je n’en fais pas partie … Nous apercevons un Balbuzard pêcheur en vol, un poisson dans les serres. Vient-il de le pêcher sur le Viroin ou au barrage du Ry de Rome ??? J’allais presque oublier le passage de deux Grands Corbeaux pendant notre pause pique-nique ! L’après-midi, ascension de la Montagne au Buis d’où l’on profite d’une superbe vue sur la vallée mais ça se mérite ! L’Hypolaïs polyglotte fait la capricieuse et rechigne longtemps à se montrer. Elle est loin de se douter que nous sommes plutôt du genre têtus et patients ! Belle observation de l’Autour des palombes en vol, ce n’est pas si habituel ! De Nismes à Roly, il n’y a qu’un pas, que nous avons vite franchi car pour beaucoup d’entre nous, c’est le chemin du retour. L’étang continue à se vider, dégageant ainsi une petite plage qui accueille deux Chevaliers aboyeurs. Première fois que je croise cette espèce sur le site ! Le mâle de Sarcelle d’hiver est toujours présent. Nous avons la chance d’observer trois Cigognes noires qui cerclent avec un Milan royal. Frédéric confirme mon impression : il pourrait s’agir des trois individus que j’avais observés il y a quelques temps avec Raphaël… Fin des activités pour les « moyens » ! De Roly, Virelles n’est pas très loin… Allez, en route ! Une Sterne pierregarin occupe le radeau flottant, le mâle est absent. Un Petit Gravelot sur l’île schisteuse. Au-dessus du Bois de Fagne, nous apercevons six Faucons hobereaux près de l’estuaire du Ry Nicolas. Cette zone ouverte est certainement très riche en insectes… Alors que nous allions partir vers l’Eau d’Heure, Sébastien nous annonce quatre Faucons kobez au lac du Val Joly, en France. Je n’ai jamais vu le kobez, Frédéric n’a jamais été au Val Joly, changement de cap ! Juste avant de passer la frontière, nous croisons une martre qui trottine sur le bord d’une petite route en plein bois. A Eppe Sauvage, Hugues et Véronique guettent déjà les kobez depuis le bord de la route et nous mettent en garde contre un chien qui attaque le moindre promeneur qui s’aventure près de sa maison. Nous repartons vers le lac et en effet, à cet endroit, pas moyen de sortir de la voiture. Le fauve tourne rapidement autour du véhicule en aboyant, pas question d’ouvrir la portière !!! Nous nous garons au bout du lac et suivons longuement ses berges sinueuses. Un Chevalier gambette, trois guignettes et un étonnant mâle de Harle bièvre. Beaucoup de Hérons cendrés et de Grands Cormorans. Pas de kobez… Retour vers Roly ! Ce soir les prospecteurs de Râle des genêts se sont donnés rendez-vous pour quadriller les prairies de la Fagne. Arnaud n’a pu réunir que quatre personnes… Je sais que Fanny a contacté un Râle, peut-être deux, lors de sa première halte. J’essaierai de les accompagner en juin lors de leur prochaine sortie … Samedi. Quelques heures à Romedenne avec la classe des « petits ». Fini le soleil, place à la bruine puis à la pluie soutenue. Mais les oiseaux sont toujours aussi guillerets. L’Hypolaïs de Romedenne est d’ailleurs bien plus coopérative que celle de Nismes ! Les Rossignols sont cachés dans toutes les haies, mais on ne peut plus cachés !!! Un Héron pourpré survole les prairies humides où chantent Bruants des roseaux et Rousserolle verderolle. En regagnant le village, nous apercevons un Busard des roseaux en plein ciel. Le groupe s’en va vers Matagne-la-Petite à la recherche du pâtre et de l’écorcheur… Je les quitte car ce soir, les « grands » ont cours à Neufchâteau ! Dimanche. Rendez-vous avec Frédéric et deux de ses copains ornithos pour rejoindre la région de Chimay. Un Gobemouche à collier y aurait peut-être été entendu par Vincent mardi dernier… Le brouillard fait place à la bruine puis à la pluie battante. Les oiseaux sont plutôt muets et il faut vraiment être mordu pour traîner dehors par du temps pareil ! Est-ce le microclimat de l’endroit car à Virelles, il fait presque sec ?!? A l’Aquascope, passage au bureau, tri des mails et préparation du boulot de la semaine… Quelle idée de passer un dimanche sur son lieu de travail !!! Mais c’est déjà ça de gagné pour le lendemain !!!Un petit tour dehors tout de même : un Grand Gravelot sur l’île et une superbe observation de deux Faucons hobereaux chassant les Hirondelles et les Martinets au-dessus de l’étang. Par mauvais temps, leur rassemblement au-dessus du plan d’eau est impressionnant ! Retour avec un bref passage à Roly ! Onze degrés et du vent, il fait caillant !!! Juste le temps d’observer un Grèbe à cou noir, qui s’offre une sortie en célibataire et de remarquer la présence du couple de Canards siffleurs. Le niveau du Fraity a bien monté, plus de Limicoles ! Lundi. Soleil et ciel bleu sur le Fraity mais accompagnés d’un vent d’est des plus frisquets ! A la place des Grèbes à cou noir, je resterais planquée dans la roselière. Mais puisque aujourd’hui ils ont décidé de se montrer … Comme vendredi, un Martin-pêcheur passe devant moi à proximité de la berge. En retournant vers la voiture, j’en croise un deuxième qui quitte le chenal situé à la sortie du déversoir pour aller rejoindre l’étang. Le Vivy des Bois semble endormi ce soir… A part un couple de Tariers pâtres qui alarment sur mon passage … Dans la petite roselière, changement de chanteur ! Un Bruant des roseaux a pris la place de la Locustelle tachetée. Ça y est, je l’ai enfin bien dans l’oreille, celui-là ! Les Tourterelles des Bois ne me quittent plus, j’en aperçois deux posées sur le chemin. Au bout de la plaine, je retrouve mon couple d’écorcheurs… Mercredi. A peine arrivée au Fraity, une flèche bleue passe devant moi et quitte l’étang en émettant des cris aigus. Près de la berge, un autre individu lui répond. Je les aperçois ensuite tous les deux, se pourchassant d’un côté à l’autre du plan d’eau. Joli comité d’accueil ! Même si je ne les vois plus, je continue longtemps à entendre leurs cris métalliques. Les Grèbes à cou noir sont de sortie. Hier, je ne les avais pas vus mais c’était grand vent. Ce soir, il fait nettement plus doux…  Au Vivy des Bois, tous ces farlouses, ces pâtres et ces Linottes, ça devient d’un monotone … Mais non, bien sûr !!! Au loin, dans la réserve, j’aperçois vaguement un dos gris qui dépasse des hautes herbes. A la longue-vue, le sanglier se révèle être… un âne ! Il serait peut-être temps de rentrer ? Jeudi. Ce soir j’ai décidé d’aller tenter ma chance du côté du Râle des genêts, là où Fanny l’a contacté vendredi dernier. J’ai reçu quelques infos que j’ai lues et relues plus d’une dizaine de fois en regardant désespérément ma carte IGN et en essayant de comprendre… Je vois plus ou moins où je dois me rendre… Départ tardif car c’est en général à la nuit tombée que cet oiseau chante… Je laisse la voiture à un endroit qui me semble correspondre à la description reçue et je m’engage à pied dans un petit chemin empierré. Je quitte la Grive musicienne et le bois de pins et d’épicéas pour m’engager dans le domaine du Rossignol et de la Locustelle tachetée. Le crépuscule exhale un parfum enivrant, doux mélange de fleurs d’Aubépine et de Cerfeuil sauvage. Comme l’eau dans le fossé, je descends vers la plaine et le ruisseau. Un lièvre s’enfuit à mon approche … 21h50. Le Roi des Cailles émet brièvement son chant. Je suis donc bien au bon endroit ! Il est derrière moi, dans une prairie, tout à l’entrée du chemin. Il se fait à nouveau silencieux … Dans un champ, j’entends les cris du Vanneau huppé. Autour de moi, je compte au moins cinq Locustelles tachetées et trois Rossignols philomèles. Bruit d’ailes de deux Canards colverts en vol… Je fais demi-tour, la nuit devient noire. Encore quelques nuances orangées dans le ciel moutonné de gris foncé… Le chant du Rossignol masque celui de la Locustelle. Je quitte le site à 23h10 sans avoir réentendu le Râle. Je profite de l’heure tardive pour pousser une pointe jusqu’au Vivy des Bois. Seul le Rossignol, encore lui, s’y fait entendre … Vendredi. J’ai entendu dire qu’à la carrière, il y avait deux ou trois « petits Grands-ducs ». Il y a trois semaines, impossible de voir quoi que ce soit derrière les hautes herbes. Un liseré clair de plume m’avait toutefois confirmé la présence de la Grande-duchesse sur l’aire.  Un adulte vient de passer en vol pour se poser dans les pins mais je n’ai pas suffisamment fait attention que pour le localiser … Devant l’aire, une silhouette duveteuse fait des mouvements circulaires de la tête. Il y a bien un jeune, et même un deuxième. Moment d’émotion pour moi car ils sont un peu « les miens ». J’ai tellement suivi l’activité de leurs parents cet hiver. J’ai même assisté à leur conception. Je suis heureuse que la couvaison ait pu être menée à bien ! Autour de moi, le Merle noir, la Grive musicienne et le Pouillot fitis sont déchaînés. Je retrouve aussi la Bergeronnette des ruisseaux. Mes deux petites boules de plumes ont quitté leur « terrasse » mais je les aperçois toujours à l’entrée de leur cavité. Par chance, je découvre aussi un de leurs parents, au repos dans les pins, yeux fermés et aigrettes rabattues.  Et on s’étonne encore, autour de moi, que l’ornitho puisse devenir une passion … 

Anne